AF – Pourquoi utiliser l’analyse graphique pour vendre son blé au bon moment ?

AF – Pourquoi utiliser l’analyse graphique pour vendre son blé au bon moment ?

Vendre au bon moment c’est savoir profiter de prix favorables pour couvrir ses coûts de production et dégager une marge satisfaisante. Mais c’est aussi savoir attendre parfois de longues semaines ou de longs mois sans rien faire. Ou à l’inverse saisir très rapidement la furtive opportunité qui se présente.

Pratiquer cet art est difficile car la certitude n’existe pas sur le marché.

Pour leur commercialisation, beaucoup y vont donc par tâtonnement. Espérant faire plus souvent «  de bons coups » que de « mauvais coups ». Glânant ici ou là quelques informations de marché gratuites. Suivant les cours du matif. Vendant un peu avant, pendant et après la récolte.

Mais pourtant ne dit-on pas que gérer c’est prévoir ? Avoir un scénario de marché en tête, des objectifs de prix, des éléments à surveiller, des dates clefs à observer. Tout cela est tellement plus confortable …

Encore une fois, les boules de cristal n’existent pas et les plus hauts du marché des céréales on ne les connaît qu’après. Mais éclaircir un peu sa route est toujours moins dangereux que d’avancer tête baissée dans le brouillard !

Court ou long terme ? A chaque période son analyse !

L’analyse fondamentale pour déterminer la direction à long-terme

L’analyse fondamentale, qui étudie tous les paramètres de l’offre et de la demande sert à déterminer si le marché doit monter ou baisser pour s’équilibrer.

Quand l’offre est supérieure à la demande : Les prix vont baisser pour stimuler davantage de demande, inciter les producteurs à stocker à désintensifier leurs productions ou à réduire leurs emblavements futurs.

Quand l’offre est inférieure à la demande : les prix vont monter pour réduire la demande, inciter les producteurs à déstocker à intensifier leurs productions ou à maximiser leurs emblavements futurs.

Certes les problèmes climatiques peuvent être brutaux et faire rapidement chuter l’offre prévisionnelle de l’année. Mais à l’inverse on n’augmente pas du jour au lendemain les assolements et les rendements. Quant à la demande elle a beaucoup plus d’inertie. On ne réduit pas ou ne stimule pas du jour au lendemain la consommation des élevages, des populations ou des programmes de biocarburants.

Voilà pourquoi, à l’exception des accidents climatiques, l’analyse fondamentale est plutôt à prendre en compte à moyen et long-terme, à 3, 6 ou 12 mois.

L’analyse graphique pour capter la psychologie du moment

L’analyse fondamentale apporte des arguments sur le niveau de prix à atteindre par le marché, qu’ils soient élevés ou pas. Elle nous donne peu d’indication sur l’itinéraire que va emprunter le marché pour atteindre cet objectif. Ce chemin sera le fruit de l’opposition entre les acheteurs et les vendeurs. Et là tout est question de psychologie.

Suivre et anticiper le marché nécessite d’en capter l’ambiance. Quel est la psychologie du moment ? 

Optimisme, Confiance, Euphorie, hésitation, craintes, peur, panique ?

Mettre des mots sur la situation des marchés. C’est ce que permet l’analyse graphique. Elle va pouvoir donner des indications et des repères à long terme mais c’est bien sur le court-terme qu’elle sera la plus pertinente et complètera parfaitement l’analyse fondamentale.

Car quand les prix sont déjà très chers et conforme à l’analyse fondamentale des mois passés : Comment détecter la fin de la hausse ? comment détecter le plafonnement du marché, son retournement baissier voir son effondrement ?

A l’inverse quand les prix sont déjà très bas et conforme à l’analyse fondamentale des mois passés : Comment détecter la fin de la baisse ? comment détecter la stabilisation du marché, son retournement haussier voir son rebond 

Pourquoi l’analyse graphique ?

Pour suivre les marchés financiers :

L’analyse graphique se base sur la visualisation des cours. Il faut d’ailleurs qu’un grand nombre d’opérateurs l’utilise pour qu’elle fonctionne. Agissant en quelque sorte comme de l’auto-réalisation : C’est parce que tout le monde suit et réagit au même graphique que cela fonctionne.

Voilà pourquoi l’analyse sera surtout pertinente sur les marchés financiers transparents et liquides. Sur le marché des grains on va l’utiliser sur le matif ou sur les contrats nord-américains du CME (ex CBOT) à Chicago ou de l’ICE à Winnipeg.

Pour détecter les tendances

Le postulat de base est que la courbe sur le graphique est la trace laissée par le rapport de force entre les acheteurs et les vendeurs.

Lorsque le camp des acheteurs domine une tendance haussière émerge. Lorsque le camp des vendeurs domine, c’est une tendance baissière qui est observée .

Parfois le rapport de force est erratique et c’est l’indécision qui domine.

Le but de l’analyse graphique est d’identifier les moments où le marché évolue en tendance. De l’émergence jusqu’à l’épuisement du mouvement.

Le plus important étant d’identifier les changements de tendance. Ce serait dommage de capituler et vendre la veille d’un retournement haussier. Comme il serait dommage de ne pas vendre sur une très grosse cassure de tendance haussière.

Pour détecter les bons points de vente

Autre postulat de l’analyse graphique : le marché a une mémoire et les investisseurs ont des modèles de comportement connus.
Il existe des niveaux de prix importants qui ont par le passé généré d’importantes batailles entre acheteurs et vendeurs. Le marché s’en souvient.

Ces niveaux agissent tels des plafonds ou des plancher pour les cours. Les fameux supports et résistances. Les détecter est indispensable pour bien place ses ordres de vente.

Lorsque l’on est sur un niveau plancher, autant attendre un retour sur le plafond avant de vendre. A l’inverse, si ce plancher cède, c’est peut-être le moment de vendre.

Conclusion : exemple du blé Euronext Mai 2021

Vendre au bon moment ce n’est pas tout vendre d’un coup. C’est fractionner ses ventes tout au long de la campagne et faire de la gestion du risque. Encore faut-il vendre plus souvent sur les pics que dans creux pour obtenir une bonne moyenne de vente. Tel est l’objectif que permettra d’atteindre l’analyse graphique. Voici un exemple sur le blé Euronext récolte 2020 :

Dans un prochain article nous rentrerons dans le détail de ces tendances, des bougies, des figures et de tous les outils nécessaires à l’analyse graphique.

AF – Tout savoir sur la base en 10 questions !

AF – Tout savoir sur la base en 10 questions !

1. La base qu’est-ce que c’est ?

La base est l’écart constaté entre le prix auquel je suis payé en tant que producteur et la cotation du marché à terme Euronext (MATIF).
Exemple : Si je peux vendre aujourd’hui 100 t de blé livraison décembre 2020 à 193 €/t départ ferme et que l’échéance Euronext Décembre 2020 cote 210 €/t, j’ai une base de 193-210 = -17 €/t

On parle aussi de prime, ce qui est la même chose que la base.

2. La base est-elle positive ou négative ?

Les lieux de cotation des contrats à terme étant généralement des débouchés portuaires, la cotation y est supérieure à mon prix départ ferme, ne serait-ce que pour une question de coût de transport, donc la base est pour moi, généralement négative.

Mais elle peut aussi être positive lorsque ma marchandise est d’une meilleure qualité que celle cotée sur le marché à terme. C’est par exemple le cas avec un blé de force valant : blé tendre standard +30 €/t de prime qualité, ou ce sera le cas d’un colza à 43 % d’huile qui, lorsque le marché est à 400 €/t base 40% d’huile, dispose de 18 €/t de prime d’huile.

3. Ma base s’est dégradée, c’est donc que mon collecteur prend davantage de marge ?

Par facilité, beaucoup assimilent la base aux coûts de transport qui me séparent du lieu de cotation Euronext et à la marge de ma coopérative ou de mon négociant. Mais le raccourci est un peu trop rapide, car en réalité mon blé ne va pas forcément à Rouen, ni mon colza sur la Moselle (points de livraison Euronext).

Ma production est mise en marché par mon collecteur sur le meilleur débouché possible à tout moment. Lorsque la base se dégrade, ce n’est pas mon collecteur qui prend plus de marge mais tout simplement le marché local qui se dégrade par rapport à la cotation Euronext.

4. Quelle interprétation faire d’une base qui se dégrade ou qui s’améliore ? 

Lorsque ma base se dégrade, c’est le signe d’un marché physique local en perte de vitesse par rapport au marché à terme. On est dans un flux poussé. Cela veut dire que le marché est bien pourvu et ne veut pas de ma marchandise que je lui propose.

Lorsque ma base s’améliore c’est le signe d’un marché physique qui se tend davantage que le marché à terme. On est dans un flux tiré. Cela veut dire que le marché est en demande et a besoin de ma marchandise qu’il appelle.

5. Si la base n’est pas bonne, faut-il attendre avant de vendre sa marchandise ?

Non pas forcément. Mieux vaut vendre du blé avec un matif à 210 €/t et une base à -30 €/t (210-30 = 180 €/t) que de vendre du blé avec un matif à 190 €/T et une base à -15 €/t (190-15=175 €/t)

6. Comment puis-je suivre ma base ?

Il n’y a pas de marché de la base. Pour la suivre, il faut se renseigner sur les offres de prix physique et calculer sa base par rapport au prix Euronext. En faisant cet exercice régulièrement et au fur et à mesure des campagnes, on se rend compte de ce qu’est une base moyenne, dégradée ou bonne.

Attention, pour faire le calcul, il faut prendre une échéance qui correspond à la période de livraison.

7. Pourquoi tous les OS n’ont pas la même base à tout moment ?

Pour juger, il faut pouvoir comparer ce qui est comparable. Beaucoup de questions sont donc à se poser pour comparer deux offres commerciales et donc deux bases : Est-ce une livraison moisson ou une livraison après moisson ? Quel est le délai de paiement ? Quelle qualité de marchandise ? Quel barème de réfaction ? Quelle sécurité de paiement ? Est-ce du départ ferme ou du rendu silo ?

Toutes choses égales par ailleurs, une différence de base peut s’expliquer par une différence de débouché. Un collecteur peut à un moment donné, avoir profité d’un marché plus porteur qu’un autre et vice-versa. Certains collecteurs peuvent avoir par exemple des contrats en filière mieux valorisés. 

8. Quel est l’intérêt de fixer sa base à l’avance ?

Lorsque l’on a bien compris que le prix final était composé de la cotation Euronext et de la base, on peut séparer la fixation de ces deux paramètres.

Le même jour, le prix Euronext est bas à 160 €/t et ne me satisfait pas. Je ne le fixe pas.  A contrario je peux fixer à l’avance une base de -15 €/t contre -20 €/t habituellement. Cela me satisfait, je la fixe. Ainsi, mon prix final qui n’est pas fixé sera de Euronext -15 €/t contre une moyenne habituelle à Euronext -20 €/t.

J’ai profité d’un marché porteur à un moment donné pour sécuriser mon débouché, sans avoir fixé mon prix final. Attention, dans ce cas, je reste exposé à une baisse de prix sur le marché à terme.

9. Comment optimiser la gestion de la base avec les options ?

Une base favorable, signe d’un marché qui tire, m’incitera à vendre ma marchandise physique et à acheter un call pour continuer à profiter de la hausse. L’amélioration de la base financera d’ailleurs une partie de ce call.

Une base défavorable, signe d’un marché lourd et sans demande, m’incitera à ne pas vendre ma marchandise physique et à acheter un put pour me protéger d’une chute des cours. Si le marché se réveille un jour,  je pourrai en profiter tant sur la base que sur la cotation Euronext.

10. Peut-on parler de base en orge fourragère ?

Il n’existe pas de contrat à terme sur l’orge fourragère à ce jour. Mais beaucoup de transactions d’orges fourragères se font « en indexé » sur le contrat blé meunier d’Euronext. Donc oui, on peut parler de base en orge fourragère. Simplement, comme orge et blé ne sont pas les mêmes produits, cette base fluctue très fortement.

Ainsi, l’orge fourragère rendu Rouen entre 2017 et 2020 a fluctué entre -40 €/t et +10 €/t par rapport au blé Euronext avec une moyenne de -10 €/t.

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AF – Faut-il attendre la fin de l’hiver pour vendre son blé ?

AF – Faut-il attendre la fin de l’hiver pour vendre son blé ?

Le plus haut arrive rarement à la fin de la campagne. Ainsi, 10 des 15 dernières campagnes ont connu une baisse des cours du blé sur la période allant du 15 février au 15 avril. Connaître cette statistique est essentiel pour bien gérer ses ventes sur la fin de campagne. Pourquoi une telle saisonnalité ? Quels sont les éléments à surveiller ? Voici nos réponses pour bien vendre son blé en fin d’hiver.

Se focaliser sur l’ancienne campagne : la fausse bonne idée !

Dans les années lourdes, les rebonds sont réduits

Lorsque les disponibilités sont très importantes, cela signifie que les stocks sont là pour calmer toutes les ardeurs haussières du marché. Il y a toujours de la marchandise qui ressort d’ici où là pour calmer les hausses qui ne sont bien souvent que de faible ampleur et éphémères.

Pire encore, c’est souvent lorsqu’arrive la 2ème partie de campagne que l’on fait le bilan. Si les exportations sont insuffisantes et que les prévisions de stocks s’accroissent de manière colossale, les cours tendent à s’affaisser pour permettre au marché de trouver davantage de demande.  

Dans les années tendues, l’ancienne campagne compte de moins en moins en fin d’hiver

Lorsque les disponibilités sont réduites, le marché doit rationner la demande. C’est ce qu’il se passe à travers la hausse des prix. Les prix ne montent pas jusqu’au dernier jour de la campagne.

Voici plusieurs raisons expliquant pourquoi la hausse s’arrête avant :

Il n’y a plus de surprises sur les récoltes ou sur l’export

En fin d’hiver, la récolte des blés de l’hémisphère sud est largement terminée. Les volumes de maïs sont connus depuis l’automne. Et la campagne export est largement avancée dans l’hémisphère nord. On en connaît d’ores et déjà la trajectoire et on sait dire si l’année aura été bonne à l’export ou pas. L’influence de l’ancienne campagne diminue donc progressivement. Les informations y sont généralement bien connues et déjà intégrées dans les prix. Il n’y pas plus de surprise à venir de ce côté-là !

Des couvertures faites à l’avance

Lorsque vous êtes industriel vous ne pouvez pas vous permettre la pénurie de matière première. Il est donc trop dangereux d’attendre le dernier moment pour acheter. Les couvertures sont ainsi réalisées plusieurs mois à l’avances. En Janvier-Février les acheteurs ont ainsi pratiquement couverts tous leurs besoins sur la fin de campagne.

Une consommation qui se rationne

Lorsque le cours d’une matière première est trop élevé, la vente du produit fini ralentie. Les consommateurs font plus attention et réduisent leurs achats. Si le prix du blé et donc le prix du pain flambe dans les pays les plus pauvres, les achats ralentissent.

Des substitutions se mettent en place

C’est surtout le cas en alimentation du bétail où les céréales sont substituables. Un blé trop cher et c’est tout de suite d’importants volumes d’orges et de maïs qui le remplace s’ils sont disponibles et moins cher. Lorsque l’on sait que 30% du blé est utilisé en alimentation du bétail çà réduit vite la demande.

L’importation soulage les tensions

Lorsque la pénurie est localisée et non mondialisée, le recours aux importations permet rapidement de combler le manque et de calmer les hausses de prix.

La demande se reporte vers la nouvelle campagne

Lorsqu’une campagne est très tendue, les cours de la nouvelle campagne sont généralement beaucoup moins chers. On dit que le marché est en « déport » ou en « inverse ». Cette forte décote de la prochaine campagne incite souvent les consommateurs ou les pays importateurs à ne pas acheter les besoins des derniers mois de campagne et à puiser au maximum dans leurs stocks. Ils achètent les volumes nécessaires sur le début de la nouvelle campagne pour beaucoup moins cher.

La spéculation change de « terrain de jeu »

Les opérateurs financiers qui vont venir spéculer sur le manque de marchandise sont dans l’anticipation. Ils achètent le plus tôt possible dès lors que les mauvaises productions sont anticipées et estimées. Une fois ces achats réalisés, leur impact haussier sur le marché est minimisé. Et au contraire à tout moment ils peuvent se mettre à revendre et à provoquer des chutes brutales des cours alors qu’il n’y a pas beaucoup de marchandise disponible.

C’est la nouvelle campagne qu’il faut suivre mais avec patience….

Nous voilà mi-mars ! Période où l’hiver n’est pas totalement fini et où ne printemps n’a pas encore franchement débuté. Comme pour le climat, sur le marché des grains c’est une période de transition. L’ancienne campagne n’est pas tout à fait terminée et la nouvelle campagne n’est pas pleinement lancée.

Mais c’est bien elle qui va avoir le plus d’influence. Car pour relancer le marché à la hausse, il faut des inquiétudes sur la nouvelle campagne.

Sauf qu’en sortie d’hiver, au mois de mars notamment il n’y a généralement pas trop de surprises sur les cultures. Les surfaces emblavées sont connues. Les conditions de l’hiver sont passées et le blé n’est pas à une période extrêmement critique d’un point de vue climatique.

Il faudra attendre mai-juin pour que les prévisions de production prennent réellement de l’importance dans le marché. Jusqu’à l’obsession. Surtout lorsque la météo est capricieuse et que débute le « weather market ».

N’oubliez pas que c’est le risque qui rémunère. Pas de risque sur les cultures, pas de prime de risque dans les cours.

Voilà pourquoi pour vendre son blé au bon moment, il ne faut généralement pas attendre la fin de l’hiver.

Photo by Ben White on Unsplash

AF- Le secret pour réussir ses ventes

AF- Le secret pour réussir ses ventes

Le secret pour réussir ses ventes de blé c’est de combiner une réelle expertise de marché à l’approche économique de son exploitation. On vous explique :

1. L’expertise de marché oui, mais la vraie !

A l’heure de l’information disponible en continue, de Google, Twitter et autres, c’est facile aujourd’hui de bien parler du marché d’hier. Mais pour avoir une idée précise sur la tendance de demain, c’est une autre histoire.

Il faut beaucoup travailler :

  • Etudier la production, la consommation, les stocks…
  • Surveiller les prix et détecter les mouvements graphiques
  • Analyser toutes les données de prix avec l’analyse quantitative
  • Suivre l’activité des fonds d’investissement, les prévisions météo, le commerce, les devises, le pétrole, l’économie

Et, il ne suffit pas de mettre tous ces éléments dans un super algorithme teinté d’intelligence artificielle pour réussir…

Car n’oublions pas que le marché dépend surtout de comportements humains inexploitables par un ordinateur ! Le commerce c’est avant tout des hommes et des femmes qui à travers le monde s’échangent leurs marchandises avec leurs doutes, leurs craintes, leurs peurs ou au contraire leur confiance, leurs convictions, leur euphorie.

Ce qui compte vraiment : l’expérience !

On a beau avoir des tas de datas et des supers calculateurs, des images satellites, des contacts avec les traders etc.. Pour décrypter le marché et l’anticiper il faut avant tout s’entourer de professionnels expérimentés qui le vivent au quotidien et partagent sa psychologie.

Jouer aux apprentis sorciers et penser s’injecter 15 ans d’expérience de marché en intraveineuse est une utopie.

L’expérience du marché ne s’invente pas, elle est fondamentale !

Accepter l’incertitude pour gérer les risques

Tout cela n’évitera pas hélas les surprises et il faut l’accepter… Le krach boursier, l’épidémie animale, l’accident climatique, les crises géopolitiques. Mais plutôt que de tout jeter, de ne rien suivre et d’avancer dans l’inconnu, mieux vaut connaître le scénario le plus probable et s’y préparer.

La prévision de marché, c’est comme la météo ce n’est pas une science exacte. Mais franchement, qui peut se passer des prévisions météo ?

Calculs, gestion et discipline il n’y a que ça qui compte ! Vraiment ?

« Le marché est trop complexe, trop incertain. On ne peut pas tout prévoir. Le suivre ne sert à rien. »

C’est le discours de ceux qui en ont peur et qui ne le connaissent pas vraiment.

2. Pour réussir ses ventes de blé : se concentrer sur son exploitation

Calculer ses coûts de production et se fixer des objectifs de vente.

Il suffirait donc que j’attende que le marché grimpe et atteigne mes objectifs pour trouver le bonheur ?

Mais comment faire si le marché ne monte jamais ?  Ou au contraire comment réagir si le marché s’envole une fois les objectifs de ventes déjà marqués ?

Il ne faut pas oublier que pour surpasser les années difficiles, on puise dans les économies accumulées durant les bonnes années. Il faut donc pouvoir profiter des hausses et ne pas tout avoir vendu avant !

Bien sûr qu’il faut tenir compte de la gestion de l’exploitation pour gérer ses ventes.

  • Qu’est-ce qu’un bon prix de vente si l’on ne sait pas à partir de quand l’on gagne de l’argent ?
  • Comment bien agir si les besoins de trésorerie n’ont pas été anticipés et nous poussent à vendre au pire moment ?

Déclencher ses ventes selon ses coûts de production c’est nécessaire pour se sécuriser. Mais cela n’est pas suffisant pour durer.

Conclusion : Pour réussir ses ventes de blé, il faut combiner expertise de marché et gestion de l’exploitation

Il ne faut pas opposer expertise de marché et bonne gestion de l’exploitation. Les deux approches de la commercialisation doivent être menées de front.  Pour cela il faut s’inspirer de l’expérience et des pratiques des meilleurs farmers américains.

Le secret pour réussir ses ventes de blé, en résumé :

  • Bâtir un programme de vente sur l’année qui respecte les saisons et les besoins
  • Fixer des dates limites intégrées dans un cadre de gestion
  • Afficher ses objectifs de prix personnalisés
  • Ralentir ou accélérer le rythme des ventes en fonction de la tendance de marché prévue. Et c’est ce qui fait toute la différence !

Pour encore plus d’efficacité : ajoutez une petite proportion d’options. Bien dosé cela ne coûte pas cher et c’est tellement plus souple !

Adopter cette méthode sur votre exploitation c’est s’assurer d’une commercialisation sécurisée, performante et sans stress. Avec son application tout-en-un, Captain Farmer vous fera gagner du temps et de l’argent !

AF – La chambre de compensation

AF – La chambre de compensation

Non une chambre de compensation n’est pas l’endroit où viennent se reposer les traders éprouvés par leur activité dans la salle des marchés. C’est un organe essentiel au bon fonctionnement des marchés à termes et plus largement aux nombreuses transactions de produits financiers. Son rôle est simple : garantir la sécurité du marché.

Vendre ou acheter à l’avance, c’est un risque

Vous êtes-vous déjà posé la question du risque de vendre du blé à l’avance? Quand c’est une transaction de marchandise dite « physique » avec un interlocuteur local, c’est une chose. Mais quand c’est une transaction dite « papier » qui plus est avec un interlocuteur inconnu à l’autre bout du monde, c’est encore plus abstrait et donc plus risqué.

Si le vendeur ne peut pas honorer son engagement de livraison car il n’a pas le volume nécessaire ou la qualité demandée que devient l’acheteur alors que les prix ont fortement monté ?

Si l’acheteur disparaît car il n’a pas l’argent pour payer la marchandise, que devient le vendeur alors que les prix ont fortement chuté ?

C’est ce que l’on appelle le risque de contrepartie. L’une ou l’autre des parties (l’acheteur ou le vendeur) fait défaut dans la transaction commerciale.

Sur un marché de gré à gré avec livraison différée (sans garantie), si celui qui perd ne paye pas, alors celui qui gagne ne gagne pas. Au-delà des pertes bilatérales, la confiance est brisée pour tous les opérateurs du marché. Ils s’en vont. La liquidité s’essouffle et le marché meurt.

Certes les contrats signés sont là pour sécuriser la transaction, mais la sécurité juridique n’est pas toujours suffisante dans ces cas-là.

La chambre de compensation, ce tiers qui va garantir les transactions

Pour qu’un marché à livraison différée fonctionne bien, il faut une confiance mutuelle des opérateurs. Il faut que les vendeurs n’aient pas peur de vendre à n’importe qui et longtemps à l’avance et il faut que les acheteurs n’aient pas peur d’acheter à n’importe qui et longtemps à l’avance.

Cette confiance s’obtient dès lors que le risque de contrepartie est supprimé par l’intervention d’un tiers dont le rôle est de garantir la bonne fin des transactions. C’est la chambre de compensation.

Bien sûr, qu’il faut que A achète à B mais dans les faits A rend des comptes à la chambre de compensation et B aussi.

Si A ou B fait défaut, la chambre de compensation est là pour le remplacer. Elle garantit les transactions. Pour faire simple, la chambre de compensation, c’est un peu comme le « pot commun » des transactions.

Dépôt de garantie et appel de marge : les deux outils de la chambre de compensation

On l’a vu, la chambre de compensation a pour rôle d’assurer la bonne fin des transactions. Elle doit donc s’assurer que les acheteurs et les vendeurs sont capables d’aller « jusqu’au bout » de leur engagement. Chose bien compliquée dans un marché volatil dont la valeur évolue chaque jour. Pour « obliger » les vendeurs et les acheteurs à tenir leurs positions, la chambre de compensation va tout simplement leur demander des engagements financiers.

Le Dépôt de garantie permet de couvrir le risque de défaillance sur une journée

Quand l’on prend une position sur un marché à terme, le règlement a lieu à l’échéance. A l’entrée l’acheteur n’a donc rien à payer (hormis les frais de transaction) et le vendeur rien à recevoir.

Pour davantage d’engagement financier de leur part, la chambre de compensation va donc demander à l’acheteur ET au vendeur un « déposit » ou « dépôt de garantie« .  Cette « caution » leur sera rendue à la sortie, c’est à dire au débouclage de leur position. Cette somme qui correspond à environ 5 à 10 % de la valeur faciale du contrat à terme peut être réévaluée dans le temps selon l’évolution du marché.

L’appel de marge permet de détecter les problèmes au jour le jour et de ne pas laisser filer les pertes.

Pour encore plus d’engagement, la chambre de compensation va évaluer les gains et pertes latentes de chaque opérateur chaque soir après la clôture du marché, sur la base du cours de compensation reflétant les dernières transactions. Les opérateurs en situation de pertes latentes se voient débités de leurs pertes. Et, à contrario, les opérateurs en situation de gains latents se voient crédités de leurs gains.

La chambre de compensation va donc procéder à des appels de marge pour au-final mettre la balance du marché à zéro tous les jours. En effet, tous ceux qui perdent doivent verser au jour le jour le montant de ces pertes latentes et ceux qui gagnent reçoivent au jour le jour le montant de leurs gains latents.

Dès qu’un opérateur, en manque de liquidités, ne peut plus assurer son «appel de marge » quotidien, il est sorti du marché. Dans ce cas le dépôt de garantie couvrira la journée manquante pour la chambre de compensation.

Cas concret du rôle joué par la chambre de compensation :

JourOpérateur AOpérateur BChambre de compensation
Jour 1
En cours de session
achète 1 contrat de 50 t à 200 €/t sur l’échéance Janviervend 1 contrat de 50 t à 200 €/t sur l’échéance Janvier
Jour 1
A la clôture :
Le cours de compensation est défini à 198 €/
t
A est débité d’1 dépôt de garantie de 500 €
Et est débité de -2 €/t d’appel de marge car il est en situation de perte latente de -2 €/t.
B est débité d’1 dépôts de garantie de 500 €
Et est crédité de +2 €/t d’appel de marge car il est en situation de gain latent de +2 €/t
La chambre de compensation détient le dépôt de garantie du vendeur et le dépôt de garantie de l’acheteur. Les pertes latentes ont été débitées et les gains latents ont été crédités.
Jour 2
A la clôture
Le cours de compensation est défini à 195 €/
t
A est débité de -3 €/t d’appel de marge supplémentaires par rapport à la veille car il est en situation de perte latente de -5 €/tB est crédité de +3 €/t d’appel de marge supplémentaire par rapport à la veille car il est en situation de gain latente de +5 €/t La chambre de compensation détient le dépôt de garantie du vendeur et le dépôt de garantie de l’acheteur. Les pertes latentes ont été débitées et les gains latents ont été crédités.
Jour 3
A la clôture
Le cours de compensation est défini à 191 €/t
A est en situation de perte latente de -9 €/t. Il n’a plus d’argent pour faire face aux 4 €/t d’appel de marché supplémentaire qui lui sont demandés par la chambre de compensation.B est crédité de +4 €/t d’appel de marge supplémentaire par rapport à la veille car il est en situation de gain latent de +9 €/tLa chambre de compensation détient le dépôt de garantie du vendeur, le dépôt de garantie de l’acheteur. Les gains latents ont été crédités.

La perte latente est en défaut de paiement
Jour 4
Le marché traite à 191 €/t
La position de A est liquidée (vendue) au cours de 191 €/t à un nouvel opérateur C .
La perte de 4 €/t (soit 250 € au total) non versée à la Chambre de compensation est couverte par le dépôt de garantie.
Seuls 250 € sur 500 € du dépôt de garantie initial sont reversés à A.
B détient toujours sa position de vente de 1 contrat. De l’autre côté du marché c’est désormais l’opérateur C qui est en position d’achatB voit sa transaction garantie malgré de défaut de A grâce aux mécanismes offerts par la chambre de compensation

En conclusion, la chambre de compensation est bel et bien l’organe central sur un marché à terme. C’est elle qui permet de garantir la bonne fin des transactions. Et c’est grâce à son action que les opérateurs ont confiance dans le marché et y interviennent à l’achat comme à la vente.
Sur le marché à terme Euronext, la chambre de compensation utilisée est la société LCH Clearnet. Ainsi lorsque vous prenez directement position à travers des contrats à terme sur Euronext ou que vous passez par l’intermédiaire de votre OS pour cela, cette transaction financière est garantie.